La passion selon Saint-Jean

Par Le Préfet, le mardi 18 avril 2017

Son son s'élevait sans suite sous le ciel, la voute renvoyait ce son souvent, trop souvent, on ne savait s'il s'avachissait… Si ! Si savante que soit cette Passion, son son tombait, de déception en déception, gloulabini bruisselant et… avez-vous entendu chanter un ange ?

Ce n'était pas. Quelques langes merdeux et gras tout au plus, caca d'avachi ou demeurant. Et on s'ennuie. On s'ennuie tous. Les autres, les pas beaux les cons les vaches les gros bref les pas moi, tout comme moi, se font chier, tous les mêmes aux ivresses du versatile ennui – et ça baille – n'y a-t-il que ça qu'on apprend à porter en commun ?

On gargouille dans l'église. Sons de pets en sourdine. Pas d'excuse. Que dal ! Et pis ! Regards de défis ! J'ai pété et si t'y dit je t'enfile. Rotant répond du regard tout autant. La gargouille en diable plumeux s'ébroue : qu'est ce chœur mou qui change Passion en boue ? Quelques gidouilles s'esclaffent en gris tant la peau d'ange est bistre. L'ange ce soir n'est pas de sortie. Sa blanche chemise sous sa vareuse, on dirait un poilu qui se signe en douce. Chuuut ! ose un quidam. Un double pet transpire entre deux fesses, tous en perçoivent le chuintement, hilarité de bourgeoises, on s'emmerde réciproquement du dos de la main qu'on se torche sur la joue ou, pour les polis, sur le banc.

Ça y est ! entre nous soit dit : on s'est vendu l'ennui, du toi à moi réciproque, bien installés là-dedans maintenant ! Ennui de bourgeois gronde – on est tous bourgeois ! C'est l'église qui veut ça ! Et ennui de bourgeois gronde en rébellion – du groin, du pet (on a tous le fion en croix, ça sonne comme au clairon!), se mouche en mains points dans les doigts d'une seule main, ou mouchoir de soie pour les plus malins.

Rébellion de choix, vous dis-je ! car rébellion de bourgeois ça sonne pas loin de révolution ! Faudrait voir à ce que notre insurrection soit pas celle du pékin moyen ! Nous, on le mérite bien ! On le vaut bien, dit le bruit du dehors du dedans du partout basse continue apocryphe mais continue ô combien continue ! Alors ça boue dans les crânes, les tempes pètent, la marée de morve monte, le glaviot cingle, chacun venant à l'aide de ses idées laides et salaces, salades de culs sur bancs confessionnaux, fesses fiévreuses, frottis de vulves, clapotis de mains onaniques, glaviots de foutres sur échardes de doigts fourrés illico dans le pif, ça éjacule du sang, ça se menstrue la ridelle, les ménopauses se recousent, on s’attife pour l'aube du grand soir et les anges gribouillent des confessions qu'ils distribueront aux bourgeoises magistratures en vue de se faire sauver le kiki.

Mais rien ne bouge. À l'image du bruit la révolte bourgeoise s'en touche une sans faire bouger l'autre : un impact, un ébranlement, cela va jusqu'à une oscillation, si on ose, mais les particules qui, elles aussi, un instant d'ennui, s'amusent à la révolution, reviennent à leur position initiale. Ainsi va le son qui ne va pas si loin ni si longtemps ! Le son foiré des anges retombe se tait le chœur encore ahane voilà c'est fini (dit le médecin) avez-vous eu mal ? Ô à peine un instant.

Et tous reviennent à l'initial réconfortant du doux silence des intestins… Un ange sur ordonnance, un jour, par faux duplicata et palimpseste contresigné (faute de blanc-seing), s'est auto-prescrit le rêve humain : un caca saint.

Amen.

Avril, sur le fil.

Par BOB, le mardi 4 avril 2017

"On a vu souvent rejaillir le feu d'un ancien volcan qu'on croyait trop vieux. Il est paraît-il des terres brûlées, donnant plus de blé qu'un meilleur avril, et quand vient le soir pour qu'un ciel flamboie le rouge et le noir ne s'épousent-ils pas ? " J-B